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Métaphore

Métaphore - Image generated by ChatGPT

Hadès… Dernier lieu de notre vie, Moment infini de notre existence, Les enfers attendent avec grande impatience, D’étancher leur soif inassouvie. Car si seuls les morts y ont le privilège de pénétrer, Ce n’est certes pas par bonheur et gaieté. Hadès, enfers gréco-romains, N’est que souffrance à perpétuité. Bienheureux, ou mauvais, Qu’il soit méchant, Ou aux Champs Élysées, Le mort est condamné à revivre toujours et à jamais, L’instant de son entrée infernale inacceptée.

Ainsi, sur son chemin perpétuel, Le mort reçoit les sacrements, Acceptant par là ce qu’il refuse secrètement, Le droit d’entrer dans sa destinée. Mais alors qu’il recherche le repos, Voilà que d’autres, de tout horizon, S’introduisent avec ardeur dans cet enfer rejeté, Car si Hadès à chacun nous préserve Une place auprès de lui, Mieux vaut y courir et y subir son châtiment, Que de rester égaré, et accroître son lourd fardeau, D’une taille à jamais inégalée.

C’est alors que dans ce noir horizon Une clameur s’élève : voici Cerbère, Gardien à trois têtes, d’une vue impénétrable, Ayant la force d’un titan, L’esprit d’une chimère, Et la hargne d’un ours. Ô Cerbère, tu débusques les vivants, Quand bien même aucun mal ils n’ont fait. Ce qui nous amenait joie et gaieté, Tu le rejettes, car en Enfer, Aucun bien ne peut être créé.

Alors que le mort pénètre dans la barque De Celui qui est Condamné, Charon, fais lui franchir les rivières du malheur, Et sois-en remercié. Car si la traversée du Styx ne t’apporte qu’une misérable pièce, Et que l’Achéron continue de te lasser, Tu accompliras à jamais cette tâche, Avec une ardeur ne pouvant être qu’admirée.

Mais voilà qu’apparaissent les trois juges infernaux. D’un lourd tribut nous avons déjà payé notre mort… Pourquoi donc s’acharne-t-on encore, Sur nos frêles dépouilles, déjà vides de sang ? Je vois déjà d’ici Sisyphe et son roc. Pourquoi de tels châtiments différents pour une mort si commune ? Juges infernaux, vous êtes sensés nous juger, Mais morts vous êtes, dans la mort vous vivrez, Et seule la mort vous distillerez.

Une seule solution : même si Cerbère, de sa vive ardeur, Rôde autour de l’Enfer des torturés, Le Léthé coule encore, fleuve de l’oubli, fleuve oublié, Où chacun pourra revivre, et sortir de l’étreinte de la nuit. Même si c’est pour mourir à nouveau, tel le reflux des marées. Fuir… Oui ! Si nous en avons la force… Tel Tantale, condamné pour avoir trompé les dieux, La nourriture, “Force”, peut encore s’écarter, Et l’eau, “Vie”, peut encore s’évaporer, Sous l’œil du Gardien éveillé.

Hadès… Tu ne paies rien pour attendre. Un jour peut-être, Hercule viendra. Que la prophétie s’accomplisse ! Si les Enfers ne peuvent nous délivrer, Alors lorsqu’il sera temps, Nous saurons nous en échapper. Du moins devons-nous nous rattacher à ce faible espoir, Le seul, à nous rester.