Métaphore
Hadès...Dernier lieu de notre vie,Moment infini de notre existence,Les enfers attendent avec grande impatience,D'étancher leur soif innassouvie.Car si seuls les morts y ont le privilège de pénétrer,Ce n'est certes pas par bonheur et gaieté.Hadès, enfers greco-romains,N'est que souffrance à perpétuité.Bienheureux, ou mauvais,Qu'il soit méchant,Ou aux Champs Elysées,Le mort est condamné à revivre toujours et à jamais,L'instant de son entrée infernale inaccepté.
Ainsi, sur son chemin perpétuel,Le mort reçoit les sacrements,Acceptant par là ce qu'il reffuse secrètement,Le droit d'entrer dans sa destinée.Mais alors qu'il recherche le repos,Voilà que d'autres, de tout horizon,S'introduisent avec ardeur dans cet enfer rejeté,Car si Hadès à chacun nous préserveUne place auprès de lui,Mieux vaut y courir et y subir son châtiment,Que de rester égarré, et accroître son lourd fardeau,D'une taille à jamais inégalée.
C'est alors que dans ce noir horizonUne clameur s'élève : voici Cerbère,Gardien à trois têtes, d'une vue impénétrable,Ayant la force d'un titan,L'esprit d'une chimère,Et la hargne d'un ours.O Cerbère, tu débusques les vivants,Quand bien même aucun mal ils n'ont faits.Ce qui nous amenait joie et gaieté,Tu le rejettes, car en Enfer,Aucun bien ne peut être créé.
Alors que le mort pénètre dans la barqueDe Celui qui est Condamné,Charon, fait lui franchir les rivières du malheur,Et sois-en remercié.Car si la traversée du Styx ne t'apportes qu'une misérable pièce,Et que l'Achéron continue de te lasser,Tu accompliras à jamais cette tâche,Avec une hardeur ne pouvant être qu'admiré.
Mais voilà qu'apparaissent les trois juges infernaux.D'un lourd tribut nous avons déjà payé notre mort...Pourquoi donc s'acharne-t-on encore,Sur nos frêles dépouilles, déjà vide de sang ?Je vois déjà d'ici Sysiphe et son roc.Pourquoi de tels châtiments différents pour une mort si commune ?Juges infernaux, vous êtes sensés nous juger,Mais morts vous êtes, dans la mort vous vivrez,Et seule la mort vous distillerez.
Une seule solution : même si Cerbère, de sa vive hardeur,Rôde autour de l'Enfer des torturés,Le Léthé coule encore, fleuve de l'oubli, fleuve oublié,Où chacun pourra revivre, et sortir de l'étreinte de la nuit.Même si c'est pour mourrir à nouveau, tel le reflux des marées.Fuir... Oui ! Si nous en avons la force...Tel Tantale, condamné pour avoir trompé les dieux,La nourriture, "Force", peut encore s'écarter,Et l'eau, "Vie", peut encore s'évaporer,Sous l'oeuil du Gardien éveillé.
Hadès... Tu ne paies rien pour attendre.Un jour peut être, Hercule viendra.Que la prophétie s'accomplisse !Si les Enfers ne peuvent nous délivrer,Alors lorsqu'il sera temps,Nous saurons nous en échapper.Du moins devons nous nous rattacher à ce faible espoir,Le seul, à nous rester.
Métaphore © 2001 by
Vincent Hiribarren is licensed under
Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0
International