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Delenda Est

Delenda Est - Image generated by ChatGPT

Au loin, Alors que le brouillard se lĂšve, Que les bergers se rĂ©veillent, Et que les commerçants ouvrent leur Ă©choppe, Les relents de la bataille s’affaiblissent. Cette bataille eut lieu, oui. Des morts ? Par centaines
 Des espoirs ? Tous perdus
 Elle fut dĂ©truite la citĂ©, achevĂ©e, Ă©cartelĂ©e, Et aujourd’hui, l’histoire s’est rĂ©pĂ©tĂ©e. Alors que le vent souffle sur les dĂ©bris, Un enfant regarde, les yeux brillants, ce qui fut sa maison. Mais dans son cƓur, une idĂ©e est nĂ©e. Un espoir ? Non, mais une certitude, une vĂ©ritĂ©, un futur vĂ©ritable. Ce qui est la cause de ceci doit payer. Telle est la vĂ©ritĂ©. Tel est ce qui se passera. Tel sera son combat. Tel sera le cauchemar de la cause, et la victoire de celui qui a subi. La citĂ© devait ĂȘtre dĂ©truite, et l’ennemi devra l’ĂȘtre.

Plus d’armĂ©e. Plus de citĂ©. Donc toute puissance s’est envolĂ©e. Et l’herbe a recouvert les ruines de ce qui fut. Mais le sera-t-il encore ? Non. Et l’adolescent se doit de lever une horde de soldats, Pour rĂ©parer la brĂšche de son enfance, perdue Ă  jamais. Que faire ? Rien d’autre que patienter, Et laisser sa fureur s’écouler Tout en espĂ©rant que sa vie soit Ă©pargnĂ©e Car la Destruction fait toujours de nouvelles victimes, Parfois prĂȘtes Ă  reprendre le flambeau qui leur est laissĂ©. Alors un jour des forces se rassembleront, En un seul lieu, une seule Terre, et un seul temps. Tous diffĂ©rents, ils combattront Ă  cĂŽtĂ©, Pour des causes diffĂ©rentes, mais une consĂ©quence unique. Des enfants devaient ĂȘtre tuĂ©s, et des adolescents devront se lever.

Enfin, l’homme en est un : il est temps. L’armĂ©e du dĂ©sespoir existe, mais n’agira qu’une fois, En vue d’une victoire, ou d’une dĂ©faite, peu importe, Mais avec une rage au cƓur sans fin. Un deuil Ă  terminer. Une vengeance Ă  enclencher. Les annĂ©es passĂ©es n’ont pas suffi Ă  Ă©teindre cette soif, Pourtant si dangereuse
 Mais l’homme n’en Ă  cure, Et son armĂ©e d’autant moins qu’elle n’a Ă©tĂ© rassemblĂ©e dans un seul but. L’homme regarde une derniĂšre fois ce qui ne sera plus, Sans tristesse, mais avec dĂ©termination. Enfin, le son d’une corne s’élĂšve, les glaives sortent, les boucliers se prĂ©parent
 Quand soudain
 Le combat. Tant attendu. Mais si bref
 Car si la citĂ© ennemie fut glorieuse, Elle perdit peu Ă  peu son Ă©clat, Jusqu’à n’ĂȘtre qu’inutile, alors que ses voisins conquis s’élevĂšrent. Mais ce qui devait ĂȘtre accompli fut accompli, Et les hommes purent repartir libĂ©rĂ©s d’un grand poids, Pour enfin vivre comme ils auraient dĂ». La vengeance devait ĂȘtre exercĂ©e, mais elle ne pourra plus l’ĂȘtre, pour l’homme dit victorieux.

Au milieu des fraĂźches dĂ©combres, dans ce qui restait d’une maison, un cri de dĂ©sespoir s’éleva. Un enfant, qui n’avait rien demandĂ©, Se retrouva sans demeure, sans parents, sans vie. Une seule question, pourtant Ă©tait en lui : pourquoi ? Alors dans son cƓur, il trouva sa destinĂ©e : Retrouver les acteurs et crĂ©ateurs de son avenir, Afin d’exercer sa future vengeance : L’ennemi devait ĂȘtre dĂ©truit ? Certes, mais qu’est-ce qu’un ennemi pour un enfant dĂ©sireux d’amour ? Alors, tel le reflux des marĂ©es, le temps se referme en boucle : Ce qui Ă©tait un ennemi est maintenant le faible, ce qui Ă©tait un faible est aujourd’hui l’ennemi. La citĂ© devait ĂȘtre dĂ©truite, et l’ennemi devra l’ĂȘtre.